L'abréviation SLI (Street Light Interference) renvoie à une légende urbaine qui décrit le comportement erratique de lampadaires à proximité d'un ou de plusieurs individus. Ce travail s'en inspire librement et propose de faire l'expérience de luminaires possédés par une entité mystérieuse.
L'éclairage existant d'un bâtiment a donc été préparé spécialement de façon à donner l'impression qu'il était troublé dans son fonctionnement par un signal étranger. Ces anomalies électriques sont perçues par le biais de vacillements lumineux mais aussi par des grésillements sonores de type buzz électrique parsemés d'éclats de voix humaines déformées. Il s'agit davantage de favoriser les conditions d'existence d'une présence plutôt que de mettre en scène un contenu narratif.
Les manifestations fantomatiques sont liées en partie aux erreurs de transcription des technologies analogiques d'enregistrement du réel. Tout comme elles ont fait disparaître le flou de nos images, les technologies numériques ont-elles privé les fantômes d'enveloppes ? Ce travail propose une autre issue possible à ces spectres et à ce qui n'existe plus. Nos lampes détournées sont comme les ventriloques imparfaits d'un monde parallèle fictif ou passé.